La perfusion à domicile par une infirmière libérale
Une perfusion à domicile associe la pose du dispositif, la surveillance pendant l’écoulement et son retrait, chaque étape étant couverte par un forfait de la nomenclature. L’ensemble est remboursé à 60 % du tarif conventionné, et à 100 % au titre d’une affection de longue durée.
Le secrétariat rappelle dans la journée ouvrée qui suit la demande.
Ce soin est décrit ici tel qu’il est prescrit et pris en charge partout en France : les règles de remboursement ne varient pas d’un arrondissement à l’autre. Seule l’organisation de la visite à domicile à Paris change.
Perfusion à domicile : ce que le soin comprend
Une perfusion administre un traitement par voie veineuse sur une durée longue : antibiotique, hydratation, antalgique, nutrition. À domicile, elle suppose un dispositif en place, une surveillance pendant l’écoulement, et une organisation claire de ce qui se passe entre deux passages de l’infirmière.
La nomenclature ne cote pas une perfusion comme une injection, mais par forfaits : un forfait pour la séance de perfusion courte sous surveillance continue, un autre pour une perfusion plus longue avec organisation d’une surveillance, un forfait par jour d’organisation de la surveillance en dehors des jours de pose et de retrait, un forfait pour le changement de flacon et un forfait pour l’arrêt et le retrait du dispositif, pansement compris. Un traitement sur plusieurs jours fait donc apparaître plusieurs lignes sur la feuille de soins, sans que l’infirmière soit passée plus souvent que prévu.
Une perfusion à domicile ne se substitue pas à une hospitalisation à domicile. Quand l’état de santé exige une surveillance continue, c’est une structure d’hospitalisation à domicile qui prend le relais, sur prescription, avec son propre mode de financement.
Perfusion à domicile : qui le prescrit
La perfusion est prise en charge sur prescription médicale écrite, qualitative et quantitative, qui précise le produit, le débit, la durée et le lieu du soin. Elle est le plus souvent rédigée par le médecin hospitalier à la sortie, puis reprise par le médecin traitant. Pendant la durée de la série d’actes prescrite, et sauf indication contraire du médecin, l’infirmière peut prescrire certains dispositifs de perfusion à domicile inscrits sur une liste limitative.
Perfusion à domicile : à quel rythme le soin se déroule
Le rythme est celui du traitement : une perfusion quotidienne pendant une à plusieurs semaines pour une antibiothérapie, ou des séances espacées pour un traitement de fond. Entre deux passages, la nomenclature prévoit un forfait journalier d’organisation de la surveillance, qui couvre ce que l’infirmière met en place pour que vous ne restiez pas seul face au dispositif : qui appeler, à quels signes réagir, quand elle repasse. Aucun accord préalable n’est exigé pour ces forfaits.
Perfusion à domicile : ce qui est remboursé et ce qui reste à votre charge
L’Assurance Maladie rembourse 60 % du tarif conventionné de l’acte, au titre des honoraires d’auxiliaires médicaux. Les 40 % restants — le ticket modérateur — sont pris en charge par votre complémentaire santé si vous en avez une, sinon ils restent à votre charge. S’y ajoute, dans tous les cas, une franchise médicale de 1 € par acte paramédical, que votre mutuelle n’a pas le droit de rembourser : elle est plafonnée à 4 € par jour et à 70 € par an et par personne. La participation forfaitaire de 2 €, elle, ne s’applique pas aux soins infirmiers : elle ne concerne que les médecins généralistes.
La séance de perfusion courte, d’une heure au plus sous surveillance continue, fait l’objet d’un forfait coté AMI 9 ; la lettre clé AMI valant 3,15 € en métropole, le tarif conventionné de ce forfait est de 28,35 €. Une perfusion de plus d’une heure avec organisation d’une surveillance est cotée AMI 14, soit 44,10 €. Le forfait journalier d’organisation de la surveillance est coté AMI 4, soit 12,60 €, et le forfait d’arrêt et de retrait du dispositif AMI 5, soit 15,75 €. Chaque passage au domicile ajoute l’indemnité forfaitaire de déplacement de 2,75 €.
Les situations qui changent votre reste à charge
Plusieurs situations modifient la part prise en charge par l’Assurance Maladie. C’est votre caisse qui les constate, pas le cabinet infirmier.
Affection de longue durée (ALD) exonérante : les soins en rapport avec votre ALD sont pris en charge à 100 % du tarif de l’Assurance Maladie. Le médecin les inscrit dans la partie haute d’une ordonnance dite bizone ; ce qui figure dans la partie basse reste remboursé au taux habituel. La franchise médicale de 1 € par acte, elle, reste due.
Sortie d’hospitalisation sans ALD reconnue : le taux habituel de 60 % s’applique : aucun texte n’exonère du ticket modérateur les soins infirmiers au seul motif qu’ils suivent une hospitalisation. L’exonération suppose une ALD, une maternité, un accident du travail, ou une hospitalisation de plus de trente jours.
Hospitalisation de plus de trente jours : les frais d’hospitalisation sont exonérés du ticket modérateur à partir du trente-et-unième jour consécutif ; ce cas concerne le séjour, pas les soins de ville qui le suivent.
Accident du travail ou maladie professionnelle : les soins liés à l’accident ou à la maladie reconnue sont exonérés du ticket modérateur, et le tiers payant est pratiqué sur présentation du justificatif remis par la caisse.
Dispense d’avance de frais : le tiers payant sur la part de l’Assurance Maladie est un droit en ALD et au titre de l’assurance maternité ; il est également possible en complémentaire santé solidaire, en aide médicale de l’État et après un accident du travail. Hors de ces cas, l’infirmière peut le proposer, sans y être tenue.
Sources, mise à jour et limites de cette page
Cette page explique une règle générale de prescription et de remboursement. Elle ne remplace ni une prescription, ni l’avis de votre médecin ou de votre infirmière, et ne donne aucune indication adaptée à votre situation personnelle.
Page rédigée par la rédaction d’Infirmières Paris, à partir des textes publiés par l’Assurance Maladie et de la nomenclature générale des actes professionnels (NGAP). Dernière mise à jour le 11 octobre 2026.
Nomenclature générale des actes professionnels (NGAP), titre XVI (version en vigueur du 1er septembre 2026) — page mise à jour le 1er septembre 2026 — https://www.ameli.fr/infirmier/exercice-liberal/facturation-remuneration/nomenclatures-ngap-lpp
Assurance Maladie, tarifs conventionnels des infirmiers libéraux (barème applicable depuis le 28 janvier 2024) — page mise à jour le 29 janvier 2024 — https://www.ameli.fr/infirmier/exercice-liberal/facturation-remuneration/tarifs-conventionnels/tarifs
Assurance Maladie, actes à domicile et indemnités de déplacement — page mise à jour le 13 décembre 2024 — https://www.ameli.fr/infirmier/exercice-liberal/facturation-remuneration/tarifs-conventionnels/actes-domicile
Assurance Maladie, tableaux récapitulatifs des taux de remboursement — page mise à jour le 30 septembre 2026 — https://www.ameli.fr/assure/remboursements/rembourse/tableau-recapitulatif-taux-remboursement
Assurance Maladie, prise en charge en affection de longue durée exonérante — page mise à jour le 30 septembre 2026 — https://www.ameli.fr/assure/droits-demarches/maladie-accident-hospitalisation/affection-longue-duree-ald/prise-en-charge-ald-exonerante
Assurance Maladie, la franchise médicale — page mise à jour le 29 septembre 2026 — https://www.ameli.fr/assure/remboursements/reste-charge/franchise-medicale
Assurance Maladie, le ticket modérateur — page mise à jour le 30 septembre 2026 — https://www.ameli.fr/assure/remboursements/reste-charge/ticket-moderateur
Assurance Maladie, le tiers payant — page mise à jour le 3 février 2026 — https://www.ameli.fr/assure/remboursements/etre-bien-rembourse/tiers-payant